http://www.lexnews.fr • September 2024 • by Romain Bastide
SCHITTENHELM / DEBUSSY Concerto N°4 “AIR”. CD, Sfumato Records, 2024.
“Cela fait quelques années que Christian Schittenhelm se consacre principalement, sinon exclusivement, aux poèmes symphoniques (Alsatica et Bang en 2018) et aux concertos pour piano ( Wild en 2012, Lux en 2019). Ce disque nous confirme cette tendance, puisque ce sont deux créations mondiales que le compositeur Christian SCHITTENHELM nous propose, ici, avec le concerto pour piano et orchestre N° 4 “AIR”, et Dawn, poème symphonique en un seul mouvement, auquel vient s’adjoindre le Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy.
Difficile, pour un compositeur contemporain, de figurer sur un même disque que le maître de l’impressionnisme français : difficile, sans même parler de rivaliser, de soutenir la comparaison.
C’est pourtant un défi que Christian Schittenhelm relève avec brio, tant son concerto pour piano et Dawn, par leur aspect aérien, éthéré presque, et très libre, font un pendant pertinent à l’après-midi d’un faune. Il y a dans cet enregistrement comme une éclosion de vie, une perpétuelle renaissance, que ce soit dans les arpèges légers du concerto pour piano ou dans la magnifique communion de la flûte et de la harpe du Faune. Une célébration d’un idéal musical à mi-chemin entre l’Art et la Nature. La musique de C. Schittenhelm est à la fois exigeante et accessible : exigeante, en ce qu’elle intègre l’héritage parfois complexe du XXe siècle ; accessible, car le compositeur ne s’interdit aucun style, aussi “populaire” soit-il (on pense notamment à son hymne pour Paris 2000, ou ses comédies musicales, qui ont fait le tour de l’Europe…). Cette dualité se retrouve dans les œuvres présentes de CD : les harmonies sont d’une grande finesse et peuvent demander une oreille aguerrie, mais l’orchestration brillante et les lignes de chant limpides tempèrent dès la première écoute la subtilité de l’ensemble. Accompagnée par le Royal Scottish National Orchestra dirigé par Sergey Neller, la pianiste ukrainienne Svetlana Andreeva interprète avec beaucoup de justesse et de contraste le concerto pour piano no 4, et donne vie à ce disque qui est un beau témoignage de la vivacité de la composition contemporaine française.“Romain Bastide